Pollution des sols par la chlordécone en Martinique

Pollution des sols par la Chlordécone en Martinique.

La chlordécone a été utilisée pour lutter contre le charançon du bananier mais également sur les cultures maraîchères ou les productions d’agrumes pour lutter contre le charançon des agrumes, le charançon de la patate douce. Il est donc nécessaire de connaitre la pollution par la chlordécone de chaque parcelle en faisant réaliser des analyses.

Vous trouverez sur le site de GéoMartinique une cartographie interactive qui présente l'ensemble des analyses qui ont été effectuées dans le sol de la Martinique, résultant des différentes démarches, et de différentes institutions : agriculteurs, services de l'Etat, instituts de recherche. En voici la légende:

Légende


Il existe 3 catégories de cultures selon leur sensibilité à un sol pollué, c'est-à-dire le risque de contamination des denrées consommées :

 

Cultures très sensibles : Les légumes-racines et tubercules sont très sensibles au transfert de chlordécone, car la partie consommée se développe entièrement dans le sol. La contamination par contact est prédominante. En raison de cette forte sensibilité, il ne faut pas cultiver les légumes-racines et tubercules (ignames, patates douces, carottes, cives, poireau, radis, navet...) sur des sols pollués au-delà de 0,1 mg de chlordécone/kg de sol sec car il existe un risque de dépassement de la LMR dans les denrées.
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Cultures sensibles : Pour les productions maraîchères poussant en contact avec le sol, les parties consommées sont en contact partiel avec le sol et risquent d’être contaminées au-delà du seuil réglementaire acceptable, dit limite maximale de résidus (LMR). Il existe un risque de dépassement de la LMR sur les parcelles dont la teneur en chlordécone est supérieure à 1 mg de chlordécone par kg de sol sec. C’est le cas des cucurbitacées (concombre, giraumon... sauf la christophine palissée) et d’autres cultures comme la canne à sucre pour le jus et la laitue.

Cultures non sensibles : Les productions maraîchères poussant sans contact avec le sol, les arbres et arbustes, sont peu, voire pas sensibles au transfert de chlordécone vers les parties consommées. Les cultures fruitières arbustives (agrumes, goyave, papaye, banane...) et les cultures maraîchères sans contact direct avec le sol (choux, tomates, pois...) peuvent être conduites sur toutes les parcelles, quelle que soit la teneur en chlordécone du sol sans risque d’être contaminées au-delà du seuil réglementaire acceptable, dit limite maximale de résidus (LMR).

Pour l’élevage, tout sol contaminé, même à un niveau très bas, est susceptible de contaminer la viandes, les abats, le lait, les œufs. Il est par conséquent, fortement déconseillé de pratiquer un élevage de plein air sans avoir connaissance de la pollution du sol. Cependant, toutes les espèces élevées peuvent se décontaminer après une période pendant laquelle ils ne sont plus exposés (sol, fourrage, eau). Cette période va de quelques semaines pour les volailles à plusieurs mois pour les bovins. On peut ainsi décontaminer les animaux avant abattage ; par contre pour les œufs et le lait, l’élevage doit se faire obligatoirement sur terrain sain.

 

Pour savoir plus sur la chlordécone et le produits alimentaires, vous pouvez consulter les informations disponibles sur le site de la Direction de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la Forêt de Martinique : lien.